La
robe de Sylvie Kaptur-Gintz, entièrement faite de bandes
plâtrées et de bandes «Velpeau », rubans
de crêpe de coton nécessaires aux pansements, n’est
pas une robe à porter mais une robe symptôme,ouvrant
à une multiplicité d’interprétations
et de sens. La femme qui porterait cette robe, avec son corset rigide
de bandes plâtrées, serait obligée à
un « port de reine », dans cette robe qui soutiendrait,
masquerait, soignerait ses blessures et ses faiblesses. «
Port-Royal », c’est aussi le nom du boulevard parisien
où se situe un important hôpital maternité.
Au travers de cette robe, ce sont donc différentes figures
de la féminité qui sont mis en jeu et en regard :
la femme mère, la femme protectrice, celle qui
panse les petites et grandes blessures mais qui vit aussi avec ses
propres blessures, ses douleurs.
Parmi elles, parfois, le regard sur soi déformé par
les images de femmes que renvoient les magazines, et dont Sylvie
Kaptur-Gintz obture ici la visibilité.
L’installation de chaussons de danse en bandes plâtrées
qui l’accompagne renforce ce sentiment de fragilité,
rappelle à la fois à l’enfance –quelle
petite fille n’a pas rêvé d’être
danseuse ?- mais aussi à la souffrance du corps au travers
de l’évocation de la pratique de la danse. «
Port-Royal » est une évocation émotionnelle
intime à propos de l’identité d’une femme,
poétique et d’une grande puissance évocatrice.
(extrait du catalogue pour l'exposition "seconde
peau, seconde vie, la mode dans tous ses états- Commissaires:Marie
Deparis-Yafil - Isabelle Lebaupain, agence
pop !) |